La question de la pornographie

 

Il est incontestable que la sexualité est un domaine qui touche les jeunes : elle renvoie au bien-être dont nous avons déjà souvent parlé, mais touche aussi d’autres domaines, dont celui de la pornographie et de la violence sexuelle banalisées sur internet.

Quelques chiffres

  • Selon les plus récentes études, seuls 16% des mineurs d’âge échappent aux sites pornographiques ;
  • Un adolescent sur trois regarde des images pornographiques au moins une fois par mois ;
  • 8% des ados affirment avoir vu leurs premières images pornographiques avant l’âge de 11 ans et 50% avant l’âge de 13 ans ;
  • 50% des jeunes
  • 32% des jeunes considèrent que la pornographie a des effets positifs sur leur sexualité, contre 8% qui la considèrent négative ;
  • 70% des jeunes considèrent que les acteurs de films pornos devraient utiliser des préservatifs. 

Face à ces chiffres, il ne convient pas de diaboliser ou de stigmatiser les consommateurs de films ou de matériel pornographiques, car il s’agit d’un phénomène social qui n’est plus marginal. Ces images font désormais partie du quotidien, même s’il s’agit d’un monde virtuel. Quoi qu’il en soit, ce phénomène s’inscrit dans une ère où beaucoup de choses se concentrent sur le désir, le plaisir et la jouissance et dans ce contexte, l’épanouissement par une vie sexuelle libérée, diversifiée et multiforme occupe une place importante. Il n’y a donc plus de honte ou de culpabilité à parler du porno.

Les images et le réel

Certains pensent (à tort) que les images et pratiques de la pornographie sont représentatives de la réalité ou de ce qu’elle devrait être. Les modèles stéréotypés, les rôles définis entre les hommes et les femmes, les performances sexuelles influencent ceux qui les observent et qui finissent par se les approprier comme références. Dans les films pornos, les actes sexuels s’enchaînent à l’infini selon de vrais défis de souplesse et cela semble naturel et sans douleur. Mais il ne faut pas oublier que ces images sont plus le résultat des exigences (ou fantasmes) des producteurs et que cela n’a rien à voir avec la réalité ! Autrement dit, il s’agit de productions imaginaires qui mettent en scène des performances très différentes de la vie sexuelle du commun des mortels.

Pornographie et protections

L’usage des préservatifs n’est pas courant dans les films pornos. Or, si on considère que beaucoup de jeunes pensent que ces films peuvent leur servir d’outil d’éducation sexuelle, une condition s’impose contre le sida et les grossesses non désirées : la pilule et les préservatifs !!!

Une question de liberté et de discernement

Où commence et où s’arrête la liberté des uns et des autres ? Comment lier le respect de l’autre avec des images qui sont souvent violentes et où les acteurs ont le plus souvent des rôles très stéréotypés ? Comment aussi respecter ceux qui se disent choqués par la pornographie ?

L’éducation à la vie sexuelle et amoureuse a pour objectif des relations égalitaires et épanouissantes, ce qui n’a pas grand-chose à voir avec la pornographie.

Ainsi, les garçons, en intégrant les stéréotypes de la pornographie, subissent une forte pression de performance : ils pensent qu’ils ne peuvent pas refuser un rapport sexuel même si cela les dérange (1 garçon sur 2 !). De leur côté, les filles pensent qu’elles doivent se soumettre à des actes qui leur demandent de ne rien refuser, au risque d’être mutilées, humiliées, punies, violées. Ces relations de domination/soumission ne sont pas des modèles…

Autrement dit, comment construire une sexualité heureuse et saine si on croit qu’il faut écarteler, défoncer, déchirer, asperger sa partenaire qui devra nécessairement hurler de joie (ou de douleur ?) ?

Quelle place donner à la tendresse, à son propre rythme ?

Attention à la violence ! Attention aux pièges d’internet ! Attention aux stéréotypes !

Ne jamais oublier de se protéger !!!

 

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